PROBLÉMATIQUES AU RUGBY : BLESSURES LIÉES A L’ACTIVITÉ


Quel type de blessures ?

 

Les blessures en rugby sont fréquentes. Les lésions articulaires des membres supérieurs et inférieurs représentent près d'un tiers de ces lésions. Le rugby est à la fois un sport complet et de contact. Les phases de jeu sont très différentes, ce qui explique non seulement la variété mais aussi le nombre des blessures. Les accidents très graves sont par ailleurs très rares au rugby.

 

Comment se répartissent ces blessures ?

 

La fréquence des blessures se répartit habituellement en trois groupes : un peu plus d'un tiers pour les membres inférieurs, un peu moins d'un tiers pour les membres supérieurs et le reste réparti entre la tête, le rachis et le tronc.

 

Les blessures de la cuisse ?

 

L'atteinte de la cuisse est fréquente avec des déchirures musculaires.

Il s'agit surtout de contusions dues à un placage ou une mauvaise chute mais aussi à un choc direct pris alors que le muscle est contracté.

Parmi les causes de ces contusions, on trouve la classique "béquille" qui touche la face latérale de la cuisse. Sa gravité est variable et son évolution est directement liée à la gravité de la lésion.

 

Les blessures du genou ?

 

Le genou n’est pas protégé et particulièrement exposée au rugby. Entre 10 et 15 % des blessures sont localisées au genou.

 

L'articulation du genou est atteinte selon deux mécanismes :

- Le choc direct qui occasionne des déchirures ligamentaires internes ; les entorses du genou sont également fréquentes et souvent graves.

- La mauvaise chute ou la chute d'un autre joueur sur un genou qui n'est plus dans son axe (en porte-à-faux) ; il s'agit de lésions des ligaments croisés antérieurs.

A l’examen, l’absence de mouvements anormaux oriente vers une entorse bénigne et leur présence doit faire rechercher une lésion plus grâce sur les ménisques ou les articulations.

 

La blessure de la cheville et de la jambe ?

 

- La tendinite et la rupture du tendon d'Achille peuvent se rencontrer : elles sont plus souvent en rapport avec un sur entrainement ou en cas de troubles plantaires non corrigés.

- Les entorses sont fréquentes, survenant pendant les regroupements et induites par une inversion forcée du pied. Elles sont souvent graves.

Les fractures sont peu fréquentes.

 

Les blessures de l’épaule  ?

 

Le rugby provoque aussi des blessures de l’épaule :

 

- la fracture de la clavicule à la suite d'une chute sur l'épaule dans un regroupement ou dans la mêlée

- la luxation de l'épaule habituellement antéro-interne, à la suite d'un choc direct ou d'une chute

- la luxation de l'articulation située entre l'omoplate et la clavicule (acromio-claviculaire) souvent récidivante.

 

Les blessures de la main et du poignet ?

 

La fracture du scaphoïde est fréquente chez les rugbymen. Après une blessure, il est lent à se consolider à cause d'une vascularisation peu développée. La reprise peut être longue

La fracture du métacarpe (os de la main) : main écrasée par une chaussure à crampons à la sortie d'une mêlée ouverte ou coup de poing malencontreux.

La luxation d'un doigt remis en place sur la touche au cours d'un match est fréquente : un examen plus complet sera fait après le match.

 

Les blessures de la face ?

 

Le visage n'est pas protégé, les os du visage sont souvent exposés : fracture du nez et de l'os malaire (suite à un choc avec un autre joueur), des maxillaires, de l'apophyse zygomatique habituellement (associée à une fracture de l'os malaire et donnant un aspect d'œil au beurre noir) sont fréquentes.

Les lésions dentaires t associées à des plaies du visage et de la langue sont nombreuses.

 

Les blessures du rachis cervical ?

 

Quand ?

 

lors de l'effondrement de la mêlée avec une chute des avants jouant en première ligne qui ne peuvent pas se dégager en particulier le talonneur qui est au centre.

- lors d'un placage, correct et c'est le choc qui est en jeu, ou à retardement et le risque est d'autant plus important que le sportif est détendu et pas préparé à recevoir un choc. Les seconde et troisième lignes sont moins exposées

- lors de l'entrée en mêlée, un choc pour les vertèbres cervicales. La poussée en avant est génératrice de microtraumatismes sur les vertèbres

- les mêlées ouvertes sont également source potentielle de lésions pour le rachis cervical mais aussi pour toute la colonne vertébrale.

 

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La commotion cérébrale



La commotion cérébrale doit être prise très au sérieux pour préserver la santé à long terme des joueurs. C'est la blessure la plus couramment enregistrée en Angleterre dans le championnat professionnel. Une commotion peut être provoquée par un coup direct à la tête mais également si la force de collision d’un coup à une autre partie du corps est transmise au cerveau. Une commotion n’est pas toujours associée à une perte de connaissance.

 

Nous savons cependant  depuis longtemps que la répétition des chocs est nuisible au cerveau et peut se traduire par l’apparition d’encéphalopathies traumatiques chroniques (ETC).

 

Une preuve a également été établie entre commotions répétées et dépression, déficience cognitive légère, troubles de la mémoire, fluidité verbale, anomalies électrophysiologiques diagnostiqués au cours de la vie de joueurs de football américain et de hockey sur glace.


  
"Les enfants sont plus exposés au risque de commotion cérébrale que les adultes et le temps de récupération est supérieur. Il a été prouvé que la commotion est un traumatisme relativement plus fréquent dans les populations d’enfants et d’adolescents que chez les adultes. Les jeunes joueurs ont également un risque accru de ce qui est appelé « syndrome du deuxième impact », phénomène potentiellement mortel ou un joueur subit une seconde blessure à la tête alors qu’il n’est pas complètement remis des effets de la première." (extrait revue kinésport)
 
 



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